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© GPV / Vaulx-en-Velin

Résilience

Vaulx-en-Velin, Saint-Denis de la Réunion, Vitry-le-François... comment la résilience transforme les quartiers

Levier phare de la résilience des villes, la performance énergétique des bâtiments est aussi un gigantesque terrain d’exploration pour les innovateurs de tous horizons. La production et le réemploi de l'énergie se mettent aussi au service de deux projets novateurs soutenus par l’ANRU dans le cadre des Programmes d’Investissements d’Avenir Ville durable et solidaire.

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Quand l'enjeu de la performance énergétique invente la ville de demain

Résidence des Noirettes, à Vaulx-en-Velin (69)

  • À Vaulx-en-Velin, 1 000 logements ont fait l’objet d’une réhabilitation thermique inspirée d’une démarche néerlandaise baptisée EnergieSprong dont l’objectif est de réaliser des travaux en site occupé sur un temps très court. Dans le cas de cette opération, le recours à des cloisons d’isolation extérieure préfabriquées a permis de faire tenir l’intégralité du chantier en 19 mois, Covid compris, au lieu des 4 ans à prévoir pour ce type d’opération. Cette réalisation d’envergure était une première pour la démarche EnergieSprong en France, elle a depuis largement essaimé. Une preuve que les quartiers prioritaires peuvent avoir un temps d’avance sur ces questions !

Trois autres exemples à découvrir ci-dessous :

À Vitry-le-François, le quartier du Hamois vient d’engager sa mutation. Le programme de renouvellement urbain prévoit la destruction de la quasi-totalité des immeubles, soit 922 logements, afin de créer une cité-jardin. Ce projet à haute valeur environnementale s’articule autour de deux axes forts : la mise en place de filières et de solutions de réemploi locales, telle que l’incorporation de béton issu des démolitions dans le béton bas carbone des futures constructions, et l’accompagnement des habitants pour les rendre acteurs de l’ambition écologique du futur quartier, au travers notamment d’un dispositif de « défis familles à énergie positive » et d’une école à énergie positive destinés à promouvoir les écogestes.

Véritable symbole du projet de renouvellement urbain Nord-Est-Littoral, ce vaste complexe culturel construit sur une ancienne zone industrielle est un atout majeur pour l’attractivité de Saint-Denis et un puissant générateur de lien social. C’est aussi un bâtiment novateur qui bénéficie d’une grande centrale photovoltaïque en autoconsommation totale avec stockage frigorifique. En clair : l’énergie stockée est utilisée pour alimenter un groupe froid qui produit de l’eau glacée destinée à rafraîchir l’intérieur du bâtiment. Au total, cet équipement permet de couvrir 40 % des besoins en énergie de la Cité des arts.

Située dans le quartier des Buers, la résidence Pranard connaît une rénovation de très grande ampleur qui fait figure de pionnière puisque l’un des quatre bâtiments conservés et dotés d’une extension atteindra un niveau BEPOS (bâtiment à énergie positive). Dans cette optique, une centrale photovoltaïque a été installée en toiture, les immeubles ont été raccordés à un réseau de chauffage urbain situé à proximité du boulevard périphérique lyonnais, des sas thermiques ont été aménagés à l’entrée des appartements et un système de production d’eau chaude collective a été mis en place. Un travail de fond a été mené sur la ventilation des logements, avec en particulier des façades « capte-vent » destinée à améliorer le confort et la qualité de l’air intérieur, jusque-là pollué aux particules fines.

Boucles vertueuses : deux projets novateurs pour améliorer le cadre de vie

Ces innovations, déployées dans des quartiers faisant l'objet d'un programme de renouvellement urbain dans le cadre du NPNRU, spnt soutenues par l'ANRU dans le cadre des Programmes d'Investissements d'Avenir Ville durable et solidaire.

  • Se@nergies, un système multi-énergies renouvelables à Port-de-Bouc (13)

Pour accompagner le renouvellement urbain des quartiers de La Lèque et des Aigues-Douces, la ville de Port-de- Bouc s’est lancée dans un ambitieux programme de développement des énergies renouvelables. Baptisé Se@nergies, ce projet a pour objectif essentiel, outre sa vocation environnementale, de préserver le pouvoir d’achat des habitants dans une ville où 60 % des ménages ne sont pas imposables et où les situations de précarité énergétique sont particulièrement nombreuses.

Sur le plan technique, Se@nergies vise à déployer un réseau de chaleur thalassothermique qui fonctionnera sur le principe de boucle d’eau tempérée. L’eau de mer sera ainsi distribuée vers 13 îlots de production où seront installées des pompes à chaleur destinées à produire l’eau chaude pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire et l’eau froide ou glacée pour le rafraîchissement ou la climatisation, le cas échéant. Parallèlement, un système de production photovoltaïque en autoconsommation sera mis en place en équipant les bâtiments collectifs et publics du quartier. Le projet intègre également un volet arrosage des espaces extérieur en valorisant l’eau de pluie et l’eau brute issue du canal de Provence. L’ensemble des dispositifs prévus par Se@nergies seront pilotés par un système de smart grid. Particulièrement complexe, le projet a nécessité plusieurs années de réflexion, mais il entre actuellement en phase opérationnelle. Les travaux devraient commencer en 2024 et se terminer en 2026.

 

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Le NPNRU, laboratoire de la ville résiliente : dossier spécial

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  • De la production au traitement des déchets organiques : une filière alimentaire locale sur le territoire de Plaine Commune

Inspiré par le programme de quartiers agricoles de Détroit, aux États-Unis, qui a permis le renouveau de certains quartiers de la ville en redynamisant leur tissu économique et social, un projet de boucle alimentaire locale se développe sur le territoire de Plaine Commune. Le programme associe le quartier du Clos Saint-Lazare de Stains à la ZAC des Tartres adjacente. Située à cheval sur les communes de Stains, de Pierrefitte-sur-Seine et de Saint-Denis, cette dernière est en cours d’aménagement pour créer un nouveau quartier organisé autour d’un cœur vert agricole, héritier de la tradition maraîchère du site.

En pratique, le programme vise à créer une filière économique alimentaire complète, de la production de denrées au traitement des déchets organiques en passant par la transformation et la vente des produits. La boucle alimentaire met en relation un groupement d’agriculteurs des Tartres, des entreprises, le tissu associatif local et les habitants pour développer plusieurs formes d’agriculture urbaine complémentaires – agriculture à vocation professionnelle, pédagogique et d’insertion par l’économie – construire des circuits courts d’approvisionnement et, in fine, développer l’autonomie alimentaire du territoire. En outre, le projet s’articule étroitement avec La Ferme des possibles, une ferme urbaine inaugurée à Stains l’an dernier qui emploie essentiellement des travailleurs en situation de handicap et des jeunes en insertion.

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