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© ANRU/Sylvie Dupic

Santé, Cadre de vie

Le Mée-sur-Seine : comment la création d'un pôle médical a facilité la vie des usagers

Situé à proximité de la gare, le quartier des Courtilleraies du Mée-sur-Seine a connu une transformation urbaine dans le cadre du Programme National de Renouvellement Urbain porté par l'ANRU. Parmi les nombreux équipements publics désormais à disposition des habitants, le pôle de santé Hippocrate a ouvert ses portes en 2016. Parole aux concernés.

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Situé à Le Mée-sur-Seine dans le département de Seine-et-Marne, le pôle de santé Hippocrate de Cos accueille des patients depuis plus de 7 ans dans le quartier prioritaire des Courtilleraies. Outil de travail de qualité pour les professionnels de santé, il facilite également la vie des habitants. Découvrez les témoignages d'acteurs et d'usagers de cette structure soutenue par l'ANRU dans le cadre du PNRU.

Découvrez des témoignages d'usagers du pôle de santé

Une création qui a du sens

Il y avait un vrai problème d’accès aux soins dans le quartier, avec des personnes qui ne se soignaient pas ou mal. La création de ce pôle pluridisciplinaire avait tout son sens et maintenant que le laboratoire d’analyses s’y est installé, en janvier dernier, c’est une aubaine pour les patients ! Ils peuvent tout faire au même endroit, avoir leurs résultats dans la journée et s’y rendre à pied, pour la plupart. Ça facilite la prise en charge des habitants de manière globale. Je connais très bien les usagers du pôle, je suis la première personne qu’ils contactent et voient en entrant. En moyenne, je reçois 1 500 appels par jour, notamment parce qu’on propose des créneaux d’urgence. C’est très pratique, ça permet d’offrir un accès rapide à des soins. Depuis peu, nous avons mis en place une application pour faciliter la prise de rendez-vous sur Internet, c’est un bonheur !

La téléconsultation pour réduire les délais d'attente

Je travaille en tant qu’orthoptiste pour TOM, qui est un dispositif de téléconsultation en ophtalmologie mis en place il y a quatre ans et installé depuis peu au pôle de santé Hippocrate. Le projet initial de TOM, pour Télé Ophtalmologie Mobile, était de faire circuler de village en village un camion qui possède tous les appareils nécessaires à une consultation, afin de remédier aux déserts médicaux. Nous continuons de le faire en parallèle de nos présences dans des maisons de santé. Je suis au Mée-sur- Seine une fois par semaine et j’essaie de traiter 25 patients par jour. Le principe de la téléconsultation est simple, je fais tous les examens à la place du médecin, je lui transmets les informations issues des examens en temps réel et à la fin les patients s’entretiennent avec le médecin ophtalmologue et reçoivent leur prescription médicale. Ici, on est aussi bien équipés qu’un cabinet, et notre système permet de réduire drastiquement les délais d’attente pour avoir un rendez-vous. Nous passons de près de 9 mois d’attente à 15 jours au maximum.

Des ateliers de prévention pour tous les habitants

 

En tant qu’un des rares diététiciens du quartier, je fais des consultations individuelles et j’organise des ateliers d’information et de prévention, souvent avec une psychologue. Nous les animons au sein du pôle de santé qui nous met à disposition une grande salle. Ils sont ouverts à tous les habitants du quartier, et totalement gratuits. Majoritairement, ce sont nos patients qui souffrent de diabète, de troubles du comportement alimentaire ou encore d’obésité qui viennent, car ce sont les sujets que l’on traite lors de ces ateliers. L’objectif est de leur offrir un espace où ils peuvent échanger librement sur leurs expériences, les problématiques qu’ils rencontrent mais aussi leur apporter des outils et les sensibiliser. L’avantage d’être dans un lieu qui regroupe différents professionnels de santé, c’est que les patients sont pris en charge de façon globale et peuvent être facilement orientés vers les autres praticiens. Le pôle a une situation centrale dans le quartier, ce qui permet aux habitants d’avoir un accès rapide à des soins de qualité.

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Prendre en charge les enfants en situation de handicap

 

Je me suis installée au Mée-sur-Seine en 2016. À l’époque, ça n’a pas été compliqué de trouver des praticiens dans le quartier, notamment grâce à la création du pôle de santé. Mes trois enfants, étant en situation de handicap, sont suivis par plusieurs professionnels de santé du pôle, dont les éducatrices spécialisées, la psychomotricienne, l’orthophoniste, le kinésithérapeute, mais aussi notre médecin généraliste. Quand on a des enfants porteurs de handicap, avoir un lieu qui regroupe tout au sein du quartier, à cinq minutes de chez soi, ça facilite la vie ! Sans ce pôle de santé, j’aurai dû courir partout pour pouvoir faire correctement le suivi médical de mes enfants. Surtout pour mon plus grand qui est autiste, donc n’est pas scolarisé à 100 %, et qui nécessite un suivi important. Les éducatrices prennent en charge son handicap et travaillent avec lui sur ses frustrations lors des séances que nous essayons de mettre pendant les heures où les autres sont à l’école. Les professionnels qui le suivent sont très bien et si je suis amenée à déménager, je prendrai évidemment en compte l’accès à la santé dans le quartier.

Un exemple à suivre pour les quartiers prioritaires

Je suis habitante du Mée-sur-Seine depuis 2007, donc j’ai vu le centre se créer au fil des mois. Quand mon médecin généraliste, basé à Melun, est parti à la retraite, c’est Madame Akherraz qui a repris certains de ses patients, dont moi. J’ai pu décider qu’elle soit mon médecin traitant, car j’ai aimé le premier contact, l’approche qu’elle a eue. Aussi, au niveau du pôle nous sommes bien reçus. Cette création, dans un quartier comme le nôtre, a été une belle opportunité pour tous les habitants, car nous n’avons plus besoin de parcourir des kilomètres pour nous faire soigner. Pour ma part, je n’ai qu’à faire dix minutes de bus pour venir, c’est très pratique, et puis il y a tous les corps de métiers au même endroit. Je pense notamment aux ostéopathes qui m’ont été très utiles pour mes problèmes au niveau des jambes et, plus récemment, l’ouverture du laboratoire d’analyses. Toute ma famille se fait soigner ici. Le pôle se développe et fait des efforts, notamment au niveau des temps d’attente pour avoir un rendez-vous, et de la formation d’internes.

Proposer une offre de soins pluridisciplinaire

Je suis arrivée quasiment à l’ouverture de la maison de santé en 2016. Aujourd’hui, nous sommes quatre médecins généralistes, dont deux récemment installés qui ont pu prendre de nouveaux patients sans médecin traitant depuis plusieurs années. Ça a été une belle bouffée d’oxygène. De mon côté, j’ai 1 700 patients déclarés, sans compter ceux dont je ne suis pas le médecin traitant. Nous avons également deux internes en médecine qui font leurs propres consultations dans leurs cabinets, notamment celles d’urgences de ville prises le jour même. La création de ce pôle a forcément une importance, ne serait-ce que par notre proximité et puis par la diversité de l’offre de soins qui s’est enrichie au fil des ans. Nos patients peuvent faire beaucoup de choses ici, notamment le suivi de grossesse ainsi que les échographies réalisées par la sage-femme du pôle. Nous ressentons une réelle satisfaction de notre patientèle même si nous ne pouvons pas répondre à toute la demande. S’il y avait une chose à repenser dans la construction de ce lieu, c’est l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite et aux parents avec poussette.

Quartier des Courtilleraies à Le-Mée-sur-Seine (77)

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