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Inauguration 22ème Salon des Maires d’Ile-de-France

Ministère de la Cohésion des Territoires

                Jacques MÉZARD,
ministre de la Cohésion des territoires

Paris, le 10 avril 2018

Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Madame la Présidente de Région, Messieurs les Présidents de conseil départementaux, Monsieur l’Adjoint à la Maire de Paris, Monsieur le Président de la Métropole du Grand Paris, Monsieur le Président de l’Association des Maires de France, Monsieur le Président de l’association des maires de France, Mesdames et Messieurs les Maires et Présidents d’intercommunalités, Mesdames et Messieurs les Élus, Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d’être à vos côtés pour inaugurer ce 22ème salon des maires d’Ile-de-France. Vous avez été nombreux à le dire, à l’incarner depuis ce matin, l’Île-de-France est un territoire d’excellence et de grandes réussites. Mais elle concentre aussi tous les défis du ministère dont j’ai la responsabilité. En termes d’accès au logement, mais aussi d’aménagement du territoire dans toutes ses dimensions, l’Ile-de-France est une région de contrastes.

Et je veux vous dire à cet égard que le projet de loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (dit projet de loi ELAN), que nous avons présenté le 4 avril en conseil des ministres, avec Julien DENORMANDIE, entend apporter une réponse aux problématiques particulières auxquels nos concitoyens d’Ile-de-France sont confrontés.

Dans la région la plus densément peuplée de France, chaque francilien a en effet connu des difficultés à trouver un logement de qualité, à proximité de son lieu de travail et à un prix abordable. Nous avons donc fait le choix d’actionner plusieurs leviers pour donner aux acteurs de la construction et du logement les moyens de construire plus, plus vite et moins cher.

Nous reprenons donc le chantier presque infini qu’est la simplification des normes. Nous encadrons plus strictement les procédures contentieuses contre les permis de construire pour lutter contre les recours abusifs qui retardent la réalisation des opérations. Nous apportons de nouvelles mesures de libération du foncier et pour faciliter la transformation de bureaux vacants en logements pour enrayer la pénurie de logements dans certains territoires. Enfin, nous renforçons les pénalités auxquelles sont exposés ceux qui contournent la loi en matière de location saisonnière. C’est une problématique particulièrement grave, notamment à Paris, où l’explosion de la location de courte durée a sorti du marché locatif l’équivalent de plusieurs années de production neuve. Et ce n’est pas Emmanuel GREGOIRE ici présent qui me contredira.

Ce projet de loi permettra aussi de développer de grandes opérations d’urbanismes, presque des villes dans la ville, mixtes, durables et écologiquement exemplaires. Parce que c’est ce dont l’Ile-de-France a besoin. Et je sais que nous partageons cet objectif. Nous devons reconstruire la ville sur la ville, réhabiliter les friches industrielles qui peuvent accueillir de nouveaux quartiers, investir des territoires aujourd’hui peu attractifs car très enclavés. C’est d’ailleurs le sens du déplacement de mon Secrétaire d’Etat, Julien DENORMANDIE, cet après-midi à Vitry-sur-Seine, pour la pose de 1ère pierre du pont du franchissement des Ardoines qui sera un élément majeur du désenclavement de tout un quartier et permettra à terme la construction de 850 logements neufs en petite couronne.

Je suis intimement convaincu que nous devons nous donner les moyens de construire collectivement le Grand Paris des projets.

Pour ce faire, nous proposons un nouveau cadre, celui des projets partenariaux d’aménagement. Car la seule manière de mener de Grandes opérations d’urbanismes, c’est d’aligner les intérêts de tous les acteurs. A chaque fois que cela sera nécessaire, l’Etat pourra donc aider, en s’associant à un projet partenarial d’aménagement (PPA), à mettre autour de la table les collectivités, les établissements publics d’aménagement et de foncier, les grandes propriétaires fonciers (SNCF…), les bailleurs sociaux, les promoteurs pour mener à bien ces grands projets. Si un accompagnement financier est nécessaire, il sera recherché dans la toute la mesure du possible.

Je souhaite aller vite sur ce sujet, c’est pourquoi j’ai demandé à tous les préfets de Région, et au premier chef à M. le Préfet CADOT que je tiens à saluer, de m’adresser la liste des opérations qui pourraient faire l’objet d’un projet partenarial d’aménagement pour la fin de ce mois. Une fois ce travail réalisé, je donnerai des instructions précises aux préfets pour mener ces discussions avec vous.

Je l’ai dit, il nous faut réussir à concrétiser de grands projets d’aménagement en Ile-de-France. Nous ferons tout pour y parvenir. Mais on ne réussira pas à reconstruire la ville sur la ville si l’on ne réussit pas, dans le même temps, à lutter contre les fractures qui minent la cohésion de notre société.

L’Ile-de-France, c’est aussi, pardonnez-moi de le dire aussi crument, la région de toutes les inégalités. L’extrême richesse de certains territoires côtoie l’extrême pauvreté des autres, parfois à une rue de distance. Les enjeux sont immenses et, je le sais, les attentes très fortes.

Loin des polémiques, je veux vous livrer ici mes convictions. Je ne les défends pas depuis 9 mois, mais depuis plus de 50 ans. Ce ne sont pas celles d’un élu rural – loin de moi l’idée de me cacher d’en être un, et il y en a d’autres dans la salle – ces convictions et cette détermination sont celles d’un républicain, élu du plus vieux parti de la République de notre beau pays. Et c’est comme tel que je veux vous dire à quel point je trouve absurde d’opposer les territoires, « l’urbain » et le « rural. Qu’on soit en milieu urbain ou rural, il faut refuser absolument, et je refuse absolument, la relégation territoriale, la mise hors la République. C’est un combat de tous les instants, car les forces de la relégation sont puissantes. Il ne peut pas y avoir deux France à partir du moment où il y a une République.  Il ne peut pas y avoir des territoires gagnants et des territoires perdants. Chacun doit avoir sa chance et il nous appartient collectivement de rendre cela possible.

Je dis « nous » car nous sommes ensemble, l’Etat, et vous les maires, les présidents d’intercommunalités, les élus, dans cette mission. C’est vous, je le sais bien, qui êtes le plus souvent en première ligne.

C’est donc à la fois un message de gratitude et de confiance dans les acteurs de terrain que vous êtes que je suis venu vous adresser  et un appel à la cohésion nationale et territoriale.

Le Président de la République a pris un engagement fort dans son discours du 14 novembre à Tourcoing, il a souhaité que « le visage des quartiers ait changé d’ici la fin du quinquennat ».

C’est le sens de la démarche de co-construction que nous avons lancé en décembre dernier pour faire remonter les solutions du terrain : 15 000 participants à des réunions de terrain, 10 groupes de travail organisés au plan national, associant Etat, élus, société civile, ont permis de faire émerger des propositions concrètes et audacieuses. Je les en remercie vivement.

Nous pouvons dans ce travail nous appuyer sur l’énergie et le travail déployé par Jean-Louis BORLOO et la mobilisation des élus. Vous en attendez beaucoup, nous en attendons beaucoup, je sais que nous ne serons pas déçus.

Il ressort de tous ces échanges une lassitude pour certains mais surtout l’urgence à agir pour s’attaquer de front aux grands problèmes que connaissent les quartiers. Il est encore un peu tôt pour détailler un plan d’actions – il viendra dans les tous prochains jours - mais permettez-moi de vous dévoiler tout de même les 4 priorités d’actions qui sont les nôtres : le cadre de vie et le logement, l’éducation et la culture, la formation et l’emploi, enfin la sécurité.

Il ne se passe pas un échange avec un maire sur l’ANRU sans qu’il n’évoque un peu d’impatience devant la lenteur de la machine administrative. Je m’emploie chaque jour depuis ma nomination pour relancer le programme NPRNU. En sécurisant son financement tout d’abord. J’ai conclu avec le monde HLM une convention qui acte la contribution des bailleurs à hauteur de 2 milliards finalisant le tour de table avec Action Logement et l’Etat. Nous nous étions engagés au doublement du programme de 5 à 10 milliards, nous le faisons.

En travaillant avec l’ANRU, Action Logement, les bailleurs et tous les partenaires à assouplir les règles pour accélérer au maximum les projets. Je sais qu’une des revendications fortes est de renforcer les subventions pour les démolitions de logements sociaux, afin de permettre de vrais projets de transformation des quartiers. Elle sera entendue. Mais nous devons aussi valider plus rapidement les opérations, améliorer le dialogue au fil du projet, permettre de démarrer certaines opérations avant que tout ne soit ficelé.

Par ailleurs, nous suivons attentivement la situation des bailleurs les plus fragiles. C’est pourquoi, La Caisse des dépôts (CDC) fournira avec le concours d'Action Logement dix milliards d'euros de financements nouveaux aux bailleurs pour construire et rénover leurs logements.

Enfin, je souhaite accélérer le traitement des copropriétés dégradées. 15% des copropriétés sont considérées comme fragiles. C’est 1 million de logements, dont environ 30% en Ile-de-France.  Des procédures existent, mais elles restent trop longues et trop couteuses. Le projet de loi ELAN apporte des premières simplifications. Mais il faut aller plus loin avec un plan de résorption des copropriétés dégradées car tout ne dépend pas de la loi. J’ai lancé le recensement exhaustif des copropriétés dégradées auprès des Préfets, et j’ai demandé à l’ANAH de renforcer très significativement son action auprès de celles-ci. Je veux un pilotage national fort, un responsable opérationnel pour chaque copropriété très dégradée, et des résultats mesurables. C’est pour moi une priorité absolue. Bien sûr nous ne réussirons, là aussi, que si nous le faisons ensemble avec les maires.

Autre priorité d’action sur laquelle je souhaite mettre l’accent : l’accès à l’éducation et à la culture dans les quartiers prioritaires. Dans le prolongement du doublement des classes en CP, qui est unanimement salué et doit être étendu, nous devons remettre l’élève au cœur du dispositif éducatif. Il faut valoriser au maximum le recours aux parcours éducatifs et le suivi individuel en dépassant les barrières (primaire/collège, collège/lycée, lieux de formation / de culture, horaires et plages d’ouverture). Les partenariats « territoires en QPV / grandes institutions culturelles » doivent et peuvent aussi être aisément multipliés, et un pilotage national mis en place à cet effet. Nous travaillerons ensemble, avec la Ministre de la Culture Françoise NYSSEN, pour y veiller.

Alors que le contexte économique repart, nous ne pouvons admettre le risque que les quartiers restent à l’écart.

L’emploi est la première condition de l’émancipation. C’est pourquoi, le Gouvernement a lancé depuis le 1er avril l’expérimentation du dispositif des emplois francs, dans 7 territoires cibles (25% de la population en QPV) dont 4 en Ile-de-France : l’intégralité de la Seine-Saint-Denis, le territoire de Grand Paris Sud dans l’Essonne et en Seine-et-Marne et les agglomérations de Cergy-Pontoise et de Val de France dans le Val d’Oise. Les emplois francs rétablissent l’égalité devant l’emploi et contribuent au développement de ces quartiers et à la mobilité de leurs habitants.

Mais les emplois francs ne suffiront pas. C’est pourquoi, avec Muriel PENICAUD, nous travaillons à d’autres mesures fortes. Le plan d’investissement dans les compétences est engagé pour favoriser l’accès durable à l’emploi des jeunes et des demandeurs d’emploi les moins qualifiés. Beaucoup d’entre eux résident dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, où le chômage atteint des niveaux insoutenables.

Une action globale, complète et transformante sera conduite pour changer la donne. D’abord en renouant le dialogue, en repérant et en remobilisant les plus éloignés de l’emploi, en les conseillant dans la construction de leur projet professionnel et en cherchant avec eux des solutions pratiques pour leur permettre de le réaliser. Ensuite en finançant leur accès à un parcours de formation et de mise en situation professionnelle à la fois personnalisé et intégré. Enfin en les accompagnant vers l’emploi, même après la formation. Le service public de l’emploi jouera un rôle central, mais je compte aussi sur la mobilisation du tissu associatif des quartiers populaires, qui sera soutenu, et sur le développement de coach d’insertion. 

L’effort conduit durant le quinquennat sera massif. Première illustration de la mise en œuvre de ce plan : le lancement jeudi dernier du plan 10 000 formations au numérique qui s’adressera en premier lieu aux jeunes des quartiers.

Dernier point et j’en terminerai ici, la sécurité. Ma certitude absolue est que tout ce que nous entreprendrons ne pourra réussir qu’à la condition que la sécurité soit établie dans les quartiers selon les mêmes conditions qu’ailleurs.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé 30 territoires de reconquête républicaine pour le déploiement de la police de sécurité au quotidien. Parmi la première vague, figurent plusieurs communes d’Ile de France (Aulnay, Sevran, Trappes, Champigny, Sarcelles, Garges les Gonesse et Corbeil Essonne). Chacun de ces quartiers bénéficiera de renforts spécifiques et fidélisés de policiers (15 à 25 policiers par quartier). Un délégué à la cohésion police-population sera désigné pour chacun de ces quartiers. Il sera chargé de faire le lien par tous moyens entre la population et le chef de circonscription.

Je veux aussi dire, car il n’est pas question de le passer sous silence, que nous sommes ensemble confrontés à une contestation frontale de la République, avec un extrémisme religieux, une contre-société, qui prend de plus en plus de place, qui occupe des espaces que nous avons délaissés et qu’il faut reconquérir.

C’est par notre capacité à travailler ensemble, à redonner un cap, à tenir nos engagements que nous pourrons relever la République et mettre en échec les idéologies mortifères.

Pour conclure à présent, je vous dirais simplement que notre responsabilité collective est immense. Elle pèse sur l’Etat, elle pèse aussi sur vous, le « bloc local », elle pèse sur nous ensemble. Je suis convaincu que par nos engagements réciproques, par notre volonté d’agir concrètement, par les projets que nous rêvons et que nous réalisons, nous pourrons réussir à transformer la région capitale.


Contact presse : 01 44 49 85 65

www.cohesion-territoires.gouv.fr

@Min_Territoires

11/04/2018

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